GTA 6 et l'IA : le PDG de Take-Two répond à Elon Musk avec une réplique cinglante
“Si l’IA devait prendre le travail de quelqu’un, ne serait-ce pas le sien ?”
C’est en ces termes que Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive, a répondu publiquement à Elon Musk, après que le milliardaire avait suggéré que GTA 6 pourrait être généré par intelligence artificielle. La réplique, rapportée notamment par IGN et PC Gamer, est directe : si l’IA menace des emplois, celui de Musk, à la tête de plusieurs entreprises technologiques simultanément, serait plus exposé que celui d’un artiste créant un monde ouvert de la complexité de Leonida.
L’échange intervient dans un contexte industriel chargé. GTA 6, dont la sortie est fixée au 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S, représente l’un des projets de développement les plus coûteux et les plus longs de l’histoire du jeu vidéo. Rockstar Games y a mobilisé des centaines de personnes pendant plus d’une décennie, entre designers, scénaristes, acteurs de capture de mouvement, compositeurs et ingénieurs. Réduire ce travail à quelque chose qu’un modèle génératif pourrait reproduire, c’est précisément l’idée que Zelnick rejette.

La position de Take-Two sur la création humaine
Zelnick ne s’oppose pas à l’IA comme outil. Plusieurs studios utilisent déjà des technologies d’automatisation pour des tâches répétitives : génération de textures secondaires, doublage de langues peu prioritaires, tests de collision. Mais il trace une ligne entre l’assistance technique et la création narrative.
GTA 6, avec ses deux protagonistes Lucia Caminos et Jason Duval, ses dialogues, sa satire sociale de l’État de Leonida inspiré de la Floride, incarne précisément ce que Zelnick défend : une vision artistique cohérente, construite sur des choix éditoriaux humains, pas sur une inférence statistique. Le trailer 2, diffusé le 6 mai 2025, en a montré suffisamment pour mesurer la densité narrative et visuelle attendue.
L’argument de Zelnick fonctionne aussi comme signal adressé à l’industrie. À l’heure où plusieurs éditeurs explorent des réductions de coûts via l’IA générative, Take-Two choisit publiquement un autre positionnement : la valeur du jeu vient de la singularité de ses créateurs, pas de son coût de production optimisé.

Un retournement rhétorique, pas une politique déclarée
Il faut cependant ne pas surinterpréter la déclaration. Zelnick n’a pas annoncé une charte officielle de Take-Two contre l’IA, ni détaillé ce que Rockstar utilise ou n’utilise pas en interne. Son propos est d’abord une réponse ponctuelle à une provocation publique, formulée avec le sens de la formule qu’on lui connaît.
La question de l’intégration de l’IA dans les pipelines de développement de GTA 6 reste ouverte. Rockstar n’a communiqué sur aucun outil spécifique. Ce que cette passe d’armes révèle avec clarté, c’est la posture que Take-Two souhaite afficher : celle d’un éditeur qui mise sur l’excellence humaine comme argument commercial, au moment précis où cette valeur est la plus contestée.